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Hommage à Honoré d’Estienne d’Orves

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Tous les 29 Août, nous nous rassemblons au Broussan, un des hameaux de la commune d’Evenos, pour célébrer la mémoire d’Honoré d’Estienne d’Orves, l’une des plus nobles figures du 20ème siècle, fusillé il y a maintenant 75 ans, et dont le domaine familial couvre près de la moitié de la superficie de la commune.
Après une messe célébrée en plein air par le père Cerisier, curé de la paroisse d’Evenos, accompagné par les chants des membres de la chorale Stella Maris de Mar Vivo, les nombreuses personnalités présentes se sont retrouvées devant le monument aux morts pour rendre un hommage solennel à ce héros de la résistance.
Au cours de la cérémonie, le maître principal de réserve Jacques Branchoux a reçu, avec dignité et humilité, la médaille de Chevalier de l’Ordre National du Mérite des mains du lieutenant-colonel Richard WIS.
Nous avons aussi pu ressentir l’émotion et la fierté des arrières petits-enfants d’Honoré d’Estienne d’Orves lorsqu’ils déposèrent la gerbe familiale.

Nous remercions pour leur présence : Mrs. Philippe Vitel député du Var et vice-président au conseil régional, Robert Bénéventi conseiller régional et maire d’Ollioules et Monsieur Georges Ferrero maire du Beausset, Richard Tognetti conseiller départemental représentant Mr Ferdinand Bernhard, Mmes Boizis (maire du Castellet), Leguen (1ère adjointe à La Seyne sur Mer), Fiol (conseillère régionale), Decitre (conseillère départementale représentant Laetitia Quilici), Sanchez (conseillère départementale), le commissaire de la marine Jacques Bourrier, le commandant de la préparation militaire marine La Seyne Patrick Faugère, le piquet d’honneur des marins pompiers, le commandant de la compagnie de gendarmerie de La Valette, Jean Marc Payet, le commandant de la brigade de gendarmerie du Beausset, Pascal Villa accompagné de l’adjudant Laurent Troncy, Mme Arlette Boyer (Souvenir Français) Mme Bonifay (ancienne déportée), Eliane, Nathalie et Augustin d’Estienne d’Orves, la famille Branchoux, les délégués des associations patriotiques (anciens combattants, anciens marins, médaillés militaires, Rhin et Danube, Anacr, FNDRIP, amicale des plongeurs démineurs, des paras et commandos marine… les portes drapeaux venus en nombre, les collectionneurs de voitures anciennes.

Extraits du discours de Blandine Monier, Maire d’Evenos :

« Le Capitaine de Frégate Honoré d’Estienne d’Orves est l’une des incarnations les plus émouvantes et les plus héroïques de la France libre.
 
Le Général de Gaulle, dans ses « Mémoires de Guerre », le décrit en ces termes : « cette élite partie de rien et qui devait, peu à peu, grandir au point d’entraîner derrière elle toute la nation. »
 
Le colonel allemand de l’Abwehr, après son arrestation lui aurait dit : « l’espionnage exige beaucoup de duplicité, commandant vous n’étiez pas fait pour ce sale travail. Vous êtes trop loyal : un vrai marin… »
 
Au cours du procès, d’Estienne d’Orves couvrit ses codétenus. Sur les 26 compagnons comparaissant devant la cour martiale allemande de Paris, les juges militaires ne prononcèrent « que » neuf sentences de mort et peines de prison. Des recours en grâce furent déposés.
Le 29 août 1941, d’Estienne d’Orves, Barllier et Doornik furent emmenés au fort du Mont Valérien.
Quelques minutes avant de mourir, l’officier de marine se montra égal à lui-même, pardonnant publiquement à ses juges. « N’ayez à cause de moi de haine pour personne, chacun a fait son devoir pour sa propre patrie. Apprenez au contraire à connaître et à comprendre mieux le caractère des peuples voisins de la France »
Il demanda à ne pas avoir les mains liées ni les yeux bandés. A 6h30, les trois hommes furent fusillés au Mont Valérien, et leurs six compagnons graciés.
Son courage et sa droiture impressionnèrent ses bourreaux.
 
De cet homme, on retient notamment sa loyauté, son courage, son honneur et sa droiture.
Son amour de la France et ses valeurs humaines sont restés intacts jusqu’au bout.
Il aimait la vie et il a affronté la mort avec le courage, la force d’âme, la confiance de ceux qui combattent pour la justice, contre la tyrannie et la barbarie.
 
Par son exemple, il a montré la voie à ces hommes et ces femmes, qui se sont dressés pour refuser l’inacceptable.
Et quoiqu’ayant eu des parcours et des options politiques parfois diamétralement opposées, quand l’essentiel fut en jeu, ils choisirent de placer la France au-dessus de tout, au-dessus d’eux-mêmes et de leur propre vie.
 
Gardons vivante pour nos enfants la leçon de tant de souffrance où l’humanité ne fut sauvée que par la grandeur d’âme et le courage de quelques-uns.
En hommage et pour le respect que nous devons à ce héros, et au-delà à tous les héros de la Résistance, pour leur victoire contre la haine de l’Homme et parce qu’ils ont perdu la vie pour nous, pour notre liberté, il est de la responsabilité de chacun d’entre nous de protéger notre démocratie et de transmettre les valeurs morales portées par des hommes tel qu’Honoré d’Estienne d’Orves. »
Article publié le 10 septembre 2016 - Lu 125 fois.